[ATELIER]

Ma dame rêvée

Ma dame, lorsque dans votre petite robe blanche vous passez devant ma
fenêtre, vive et pimpante autant qu'une femme peut l'être, il suffit à mon
regard d'envelopper l'espace que vous traversez pendant quelques dizaines de
secondes pour que toute votre personne m'appartienne.
Ainsi, votre présence auprès de moi persiste, bien après qu'un ailleurs vous
ait fait disparaître.
Vous ignorez tout bien sur de ce que votre double offre, en toute virtualité,
à mon avidité :
Ces sourires en forme d'invitation à vous ouvrir ma porte.
Ces conversations, tièdes et doux préludes à notre concerto.
La tache de café sur votre robe.
Toute l'ingénuité présente dans ce geste qui découvre les chairs là où le
liquide brûlant est censé s'être écoulé.
Mes mains protectrices qui calment la douleur, puis gagnée par le désir se
glissent où de petites plaintes leur promettent bien plus que la soumission.
...
Ma dame, un autre que moi irait peut-être, irait certainement, au-delà de
l'écriture, jusqu'à vous poster cette lettre, afin que vous puissiez la lire.
Pour ma part, l'effet que me procure la simple rédaction de ce mot est, à ce
jour encore, à la hauteur de ce que pourrait provoquer une rencontre réelle.
C'est pourquoi, tant qu'il en est ainsi
d'écrire et de rêver, je me contenterai.
 

La boutique

Portez les couleurs de l'[Atelier] et soutenez le site en visitant la boutique !

Ce site est mis à disposition sous un contrat Creative Commons.
Les textes publiés sur [Atelier] restent la propriété exclusive de leurs auteurs, qui en sont seuls responsables.