[ATELIER]

(Sans titre)

Sire,
vous savez que je ne vous aime point
ainsi mon courrier vous paraîtra peut-être étrange
pourquoi l'un de vos ennemis prend-il la peine de vous avertir du danger qui
vous menace ?
Sachez qu'il s'agit pour moi d'une question d'honneur.
Certes votre disparition ne me causerait aucune peine
tout au contraire, elle serait pour moi l'occasion d'un grand soulagement,
voir d'une joie intense.
Tout en vous me répugne, et particulièrement votre capacité à trahir vos
amis, à ne pas honorer vos promesses et à adhérer à des causes après les
avoir longuement combattues.
Ce sont ces vices mêmes, auquels je ne veux sacrifier, c'est pourquoi je
mettrai un point d'honneur à agir de façon radicalement différente de celle
dont vous avez coutume.

Sire, jeudi 14 Mai 1610 un homme s'approchera de votre carrosse et cherchera
à vous assassiner, vraisemblablement à l'aide d'un couteau.
Je ne connais pas l'identité de cet individu que je n'ai par ailleurs jamais
rencontré, mais j'ai tout lieu de croire que sa détermination est forte et
que rien ne le détournera de son projet, tant il se sent porté par le souffle
d'une volonté supérieure.

Mon devoir de gentilhomme est ainsi accompli, puissiez-vous dans un avenir
proche être victime d'un attentat dont je n'aurais pas été averti.

Marquis Maurice de Thaelm, Paris
en ce jour du 12 mai 1610

PS : mon coursier n'est pas concerné par notre inimitié,
je vous demanderais donc d'être généreux quant au pourboire que vous lui
verserez,
c'est un jeune provincial fort démuni, récemment arrivé dans la capitale et
auquel vous devrez la vie. Il se nomme François Ravaillac.

 

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