[ATELIER]
Imprévision budgétaire
Je me souviens !!!
Quatre heure de l'après-midi, assis au bureau devant le projet " budget année
2003 ", après des heures de calculs, d'élaboration d'hypothèses optimistes,
pessimistes, d'encadrement financier, de minoration des coûts, de recherche
visant à comprimer le plus possible les frais fixes, c'est-à-dire en
particulier " la location de personnel à l'année ", je ne sais pourquoi me
vient ce flash mental qui me procure une sensation de malaise.
Je me souviens, ou plutôt pour l'instant je tente de le faire ...
Et ces dossiers qui s'étalent devant moi disparaissent peu à peu pour laisser
place à la reconstruction des images de mon réveil.
La radio qui se met en route comme chaque matin à 6h45, d'après l'affichage à
cristaux liquide.
Je me souviens alors, comme à chaque réveil que cette indication est erronée,
ou plutôt, tient compte des cinq minutes que, dans un repli du temps
artificiellement créé par un décalage du radio réveil, je me donne chaque
jours, pour octroyer à ma pensée ce man's time où elle peut se lover, entre
rêve et réveil.
...
La secrétaire entre dans le bureau. D'un signe de la main je lui interdis
l'accès, mimant l'attitude de celui qui ne peut suspendre une suite de
calculs mentalement effectués. Un peu déloyal mais efficace.
Je me souviens : les escaliers, la chienne dans mes jambes qui de temps à
autre bondit de joie pour me lécher le plus haut possible. La porte du
jardin, que j'ouvre, l'allée, que je parcours pour me rendre tout au fond, là
où un petit bouquet d'orties tenaces mérite l'agression liquide que je lui
fait subir.
Je me souviens : le retour dans la maison, le bain dont je règle avec
précision la température du liquide qui va le remplir...
La cuisine, les gestes semi-mécanique qui conditionnent l'élaboration de la
table du petit déjeuner. La boule de thé, les bols, l'eau dans la casserole,
le pot de miel, la recherche d'une cuillère suffisamment résistante pour ne
pas se plier lorsque je l'enfoncerai dans le miel. Les gestes recommencés
parce qu'ils ne sont pas faits dans le bon ordre (tartine beurrée avant
d'être mise dans le grille pain ...). Enfin, le premier repas de la journée,
avalé sans que les papilles gustatives en profitent pleinement, tant le corps
est encore ensommeillé.
Je me souviens. Et pourtant il y a quelque chose qui cloche et que je ne
retrouve pas. Pourquoi ma pensée a-t-elle sursauté, alors même qu'elle était
réquisitionnée par une tâche d'une importance extrême et d'une urgence ne
souffrant aucun délai ?
Ne parvenant à me remettre à mes prévisions budgétaires, je remonte le fil de
ma mémoire.
Je me souviens : le retour dans la chambre.
Finalement, comme souvent, je n'aurais pas le temps de prendre mon bain. Dans
quelques minutes, Blanche en profitera lorsqu'elle se lèvera. L'eau sera
alors juste au bon niveau et à la bonne température.
Recherche d'une chemise propre, du costume dans lequel je me sentirais bien
- temps calme mais incertain, température clémente, veste et pantalon gris
clair en toile légère - de la cravate qui discrètement, rehaussera ce choix
délibérément réservé. Les chaussures. Le temps pressant, le critère est
compatibilité et propreté. Un coup de chiffon et les voilà lustrées.
Le reste jusqu'à mon arrivée au CLEO (Centre Lorrain d'Enseignement assisté
par Ordinateur) se déroulant dans un brouillard qui ne se dissipe que lorsque
j'allume l'écran de l'ordinateur.
Mais qu'est-ce qui cloche dans tout cela ?
Ca-y-est !
Je me souviens : hier, la dispute. Moi fatigué, Blanche exaspérée de mes
retours tardifs en cette période d'excès d'activité professionnelle, et qui
décide d'aller passer quelques jours chez sa mère.
Blanche !
...
Le bain !!!!
Quatre heure de l'après-midi, assis au bureau devant le projet " budget année
2003 ", après des heures de calculs, d'élaboration d'hypothèses optimistes,
pessimistes, d'encadrement financier, de minoration des coûts, de recherche
visant à comprimer le plus possible les frais fixes, c'est-à-dire en
particulier " la location de personnel à l'année ", je ne sais pourquoi me
vient ce flash mental qui me procure une sensation de malaise.
Je me souviens, ou plutôt pour l'instant je tente de le faire ...
Et ces dossiers qui s'étalent devant moi disparaissent peu à peu pour laisser
place à la reconstruction des images de mon réveil.
La radio qui se met en route comme chaque matin à 6h45, d'après l'affichage à
cristaux liquide.
Je me souviens alors, comme à chaque réveil que cette indication est erronée,
ou plutôt, tient compte des cinq minutes que, dans un repli du temps
artificiellement créé par un décalage du radio réveil, je me donne chaque
jours, pour octroyer à ma pensée ce man's time où elle peut se lover, entre
rêve et réveil.
...
La secrétaire entre dans le bureau. D'un signe de la main je lui interdis
l'accès, mimant l'attitude de celui qui ne peut suspendre une suite de
calculs mentalement effectués. Un peu déloyal mais efficace.
Je me souviens : les escaliers, la chienne dans mes jambes qui de temps à
autre bondit de joie pour me lécher le plus haut possible. La porte du
jardin, que j'ouvre, l'allée, que je parcours pour me rendre tout au fond, là
où un petit bouquet d'orties tenaces mérite l'agression liquide que je lui
fait subir.
Je me souviens : le retour dans la maison, le bain dont je règle avec
précision la température du liquide qui va le remplir...
La cuisine, les gestes semi-mécanique qui conditionnent l'élaboration de la
table du petit déjeuner. La boule de thé, les bols, l'eau dans la casserole,
le pot de miel, la recherche d'une cuillère suffisamment résistante pour ne
pas se plier lorsque je l'enfoncerai dans le miel. Les gestes recommencés
parce qu'ils ne sont pas faits dans le bon ordre (tartine beurrée avant
d'être mise dans le grille pain ...). Enfin, le premier repas de la journée,
avalé sans que les papilles gustatives en profitent pleinement, tant le corps
est encore ensommeillé.
Je me souviens. Et pourtant il y a quelque chose qui cloche et que je ne
retrouve pas. Pourquoi ma pensée a-t-elle sursauté, alors même qu'elle était
réquisitionnée par une tâche d'une importance extrême et d'une urgence ne
souffrant aucun délai ?
Ne parvenant à me remettre à mes prévisions budgétaires, je remonte le fil de
ma mémoire.
Je me souviens : le retour dans la chambre.
Finalement, comme souvent, je n'aurais pas le temps de prendre mon bain. Dans
quelques minutes, Blanche en profitera lorsqu'elle se lèvera. L'eau sera
alors juste au bon niveau et à la bonne température.
Recherche d'une chemise propre, du costume dans lequel je me sentirais bien
- temps calme mais incertain, température clémente, veste et pantalon gris
clair en toile légère - de la cravate qui discrètement, rehaussera ce choix
délibérément réservé. Les chaussures. Le temps pressant, le critère est
compatibilité et propreté. Un coup de chiffon et les voilà lustrées.
Le reste jusqu'à mon arrivée au CLEO (Centre Lorrain d'Enseignement assisté
par Ordinateur) se déroulant dans un brouillard qui ne se dissipe que lorsque
j'allume l'écran de l'ordinateur.
Mais qu'est-ce qui cloche dans tout cela ?
Ca-y-est !
Je me souviens : hier, la dispute. Moi fatigué, Blanche exaspérée de mes
retours tardifs en cette période d'excès d'activité professionnelle, et qui
décide d'aller passer quelques jours chez sa mère.
Blanche !
...
Le bain !!!!
(c) Le bateleur
