[ATELIER]
Un poids derrière soi
Je me souviens et rarement, ça me soutient.
Je me souviens. Et souvent, par-dessous ça rampe en moi, ça vient faire
l'assaut de ma sérénité avec des louches de rancoeurs aigres, d'occasions
ratées, de gestes avortés, de mots qui ne sont pas venus à temps et qui, par
la suite ont tourné dans ma tête des nuits entières.
Je me souviens. Et ça creuse des galeries dans mes pensées, ça effrite tout
ce que je croyais en dur, ça ronge comme un vers de capricorne, à
l'intérieur, laissant l'enveloppe apparemment intacte tandis que le coeur
n'est plus qu'une fine poussière blanche.
Je me souviens. Et les personnages se ramènent, ils viennent me causer de
tout ce qui a loupé, de tout ce qui a flanché. Il me disent que c'est ma
faute à moi s'ils sont désormais condamnés à hanter ma mémoire, que leur
peine est aussi grande et sincère que la mienne, les hypocrites ! et que si
je leur sacrifiais un peu de mon présent, si je les cajolais un peu, si je
leur offrais de temps à autre un cadeau, un instant, alors peut-être que
délivré de la damnation qui les enchaîne à moi, ils me laisseraient vivre ce
qui me reste de futur sans le poids de leur maudit passé.
Je me souviens. Et l'espace qui est devant moi se charge de tout ce que je
tracte, de ce chariot plein de cadeau en creux, comme l'anti père Noël que je
suis. Et ce poids me tire les épaules en arrière, m'oblige à pencher mon
corps vers l'avant ... et me fatigue !
Je me souviens. Y-a-t-il encore un chemin, un visage, un goût, une odeur, un
sentiment qui ne ressemble à rien de ce que je traîne de mon passé ?
Je me souviens. Et la part de surprise s'amenuise chaque jour. L'étranger que
je croise, avant même qu'il ne me parle, ma mémoire le range déjà dans un de
ses tiroirs.
Je me souviens, autrefois à dix mètres de moi, à trois minutes, je ne
devinais, je ne voyais, je ne percevais rien ... et j'étais bien !
Je me souviens. Et souvent, par-dessous ça rampe en moi, ça vient faire
l'assaut de ma sérénité avec des louches de rancoeurs aigres, d'occasions
ratées, de gestes avortés, de mots qui ne sont pas venus à temps et qui, par
la suite ont tourné dans ma tête des nuits entières.
Je me souviens. Et ça creuse des galeries dans mes pensées, ça effrite tout
ce que je croyais en dur, ça ronge comme un vers de capricorne, à
l'intérieur, laissant l'enveloppe apparemment intacte tandis que le coeur
n'est plus qu'une fine poussière blanche.
Je me souviens. Et les personnages se ramènent, ils viennent me causer de
tout ce qui a loupé, de tout ce qui a flanché. Il me disent que c'est ma
faute à moi s'ils sont désormais condamnés à hanter ma mémoire, que leur
peine est aussi grande et sincère que la mienne, les hypocrites ! et que si
je leur sacrifiais un peu de mon présent, si je les cajolais un peu, si je
leur offrais de temps à autre un cadeau, un instant, alors peut-être que
délivré de la damnation qui les enchaîne à moi, ils me laisseraient vivre ce
qui me reste de futur sans le poids de leur maudit passé.
Je me souviens. Et l'espace qui est devant moi se charge de tout ce que je
tracte, de ce chariot plein de cadeau en creux, comme l'anti père Noël que je
suis. Et ce poids me tire les épaules en arrière, m'oblige à pencher mon
corps vers l'avant ... et me fatigue !
Je me souviens. Y-a-t-il encore un chemin, un visage, un goût, une odeur, un
sentiment qui ne ressemble à rien de ce que je traîne de mon passé ?
Je me souviens. Et la part de surprise s'amenuise chaque jour. L'étranger que
je croise, avant même qu'il ne me parle, ma mémoire le range déjà dans un de
ses tiroirs.
Je me souviens, autrefois à dix mètres de moi, à trois minutes, je ne
devinais, je ne voyais, je ne percevais rien ... et j'étais bien !
(c) Le bateleur
