[ATELIER]
La porte du bercueil
Impossible de s'opposer à l'aspiration ...
à cette spirale dont le rythme de rotation va en s'accélérant au fur et à
mesure qu'elle s'accroche à mon corps.
Je bascule peu à peu dans un monde au magnétisme irrésistible, tel Jonas
avalé par la baleine, pour me retrouver à l'intérieur d'une grotte aux parois
incrustées de myriades de minuscules pierres précieuses, dont les éclats en
fines gouttes semblent être la seule source lumineuse révélant ce vaste
espace que mon regard découvre progressivement.
Car la clarté est si douce qu'elle joue avec les ténèbres dans un combat d'où
elle ne semble sortir qu'en prenant appui sur mon désir de voir.
Pendant quelques instants, je laisse l'émerveillement me submerger.
Toute crainte a fuit.
Je goutte avec délectation le calme, la sérénité blanche qui baigne tout mon
être.
Peu à peu cependant, la curiosité l'emporte et mon regard se fait scrutateur.
Je voudrais explorer, toucher ce petit monde, ce degré suprême de l'intimité
où plus rien ne semble exister que mon corps et ce lieu qui paraît être son
prolongement naturel.
Je pourrais ressentir une certaine solitude dans cet isolement ultime,
pourtant, il est une présence invisible qui me rassure.
Comment cette perception m'est elle venue, je l'ignore. Peut-être est-ce en
rapport avec ce que j'étais de l'autre côté de la porte, avec qu'elle me
happe, et dont je n'ai déjà plus aucun souvenir.
Toujours est-il que je perçois une vie diffuse, humide et chaude, qui émane
des parois, tout autour de moi, et semble se répandre comme une haleine
jusqu'en caresses sur ma chair.
Je m'aperçois alors, que mon immobilité, que je croyais choisie, n'est en
fait que subie.
Même en rassemblant toute ma volonté, je suis incapable de déplacer la
moindre parcelle de mon corps.
D'ailleurs, où est passé mon corps ?
Je suis une boule de chaleur clouée au centre d'un espace empli de
bienveillance à son égard, mais cette constatation me cause un profond
malaise.
Je me sens prisonnier. Je suis prisonnier !
Dès lors, j'ai le sentiment qu'une langue caresse et aspire peu à peu ce qui
me reste de substance.
A cet instant, la peur m'envahit et grâce au sursaut que se émotion produit
en moi, je parviens à reculer un peu, à me soustraire un peu à ce qui me
désirait, qui me digérait.
Aussitôt, la spirale réapparaît, mais alors, le sens de sa rotation est
inversé.
A mon grand soulagement, un courant, une impulsion générale de l'espace
m'arrache, me soustrait au gouffre lumineux.
Je m'échappe !
Je m'enfuis !
Bientôt, je suis sauvé !
...
Assis à la terrasse du café devant le verre de vin italien auquel je n'ai pas
encore touché,
lentement, mon regard se détache de celui de Blanche qui, ravissante,
lumineuse, me sourit doucement.
à cette spirale dont le rythme de rotation va en s'accélérant au fur et à
mesure qu'elle s'accroche à mon corps.
Je bascule peu à peu dans un monde au magnétisme irrésistible, tel Jonas
avalé par la baleine, pour me retrouver à l'intérieur d'une grotte aux parois
incrustées de myriades de minuscules pierres précieuses, dont les éclats en
fines gouttes semblent être la seule source lumineuse révélant ce vaste
espace que mon regard découvre progressivement.
Car la clarté est si douce qu'elle joue avec les ténèbres dans un combat d'où
elle ne semble sortir qu'en prenant appui sur mon désir de voir.
Pendant quelques instants, je laisse l'émerveillement me submerger.
Toute crainte a fuit.
Je goutte avec délectation le calme, la sérénité blanche qui baigne tout mon
être.
Peu à peu cependant, la curiosité l'emporte et mon regard se fait scrutateur.
Je voudrais explorer, toucher ce petit monde, ce degré suprême de l'intimité
où plus rien ne semble exister que mon corps et ce lieu qui paraît être son
prolongement naturel.
Je pourrais ressentir une certaine solitude dans cet isolement ultime,
pourtant, il est une présence invisible qui me rassure.
Comment cette perception m'est elle venue, je l'ignore. Peut-être est-ce en
rapport avec ce que j'étais de l'autre côté de la porte, avec qu'elle me
happe, et dont je n'ai déjà plus aucun souvenir.
Toujours est-il que je perçois une vie diffuse, humide et chaude, qui émane
des parois, tout autour de moi, et semble se répandre comme une haleine
jusqu'en caresses sur ma chair.
Je m'aperçois alors, que mon immobilité, que je croyais choisie, n'est en
fait que subie.
Même en rassemblant toute ma volonté, je suis incapable de déplacer la
moindre parcelle de mon corps.
D'ailleurs, où est passé mon corps ?
Je suis une boule de chaleur clouée au centre d'un espace empli de
bienveillance à son égard, mais cette constatation me cause un profond
malaise.
Je me sens prisonnier. Je suis prisonnier !
Dès lors, j'ai le sentiment qu'une langue caresse et aspire peu à peu ce qui
me reste de substance.
A cet instant, la peur m'envahit et grâce au sursaut que se émotion produit
en moi, je parviens à reculer un peu, à me soustraire un peu à ce qui me
désirait, qui me digérait.
Aussitôt, la spirale réapparaît, mais alors, le sens de sa rotation est
inversé.
A mon grand soulagement, un courant, une impulsion générale de l'espace
m'arrache, me soustrait au gouffre lumineux.
Je m'échappe !
Je m'enfuis !
Bientôt, je suis sauvé !
...
Assis à la terrasse du café devant le verre de vin italien auquel je n'ai pas
encore touché,
lentement, mon regard se détache de celui de Blanche qui, ravissante,
lumineuse, me sourit doucement.
(c) Le bateleur
